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Le lagopède alpin et le grand tétras désormais protégés en France !



Quelle bonne nouvelle pour la biodiversité de nos montagnes ! 

Depuis le 8 septembre 2026, le lagopède alpin et le grand tétras sont officiellement inscrits sur la liste des espèces protégées en France. Une décision qui vient mettre fin à plusieurs années de mobilisation des associations de protection de la nature, pour faire cesser la chasse de ces deux oiseaux emblématiques, dont les populations sont aujourd’hui fragiles.

Mais pourquoi ces deux oiseaux avaient-ils besoin d’une protection renforcée ?

Le Lagopède Alpin

Le lagopède alpin (Lagopus muta) est un oiseau discret des zones rocailleuses de hautes montagnes. Parfaitement adapté au froid, son plumage change au fil des saisons pour lui permettre de se camoufler dans son environnement.

En France, il ne subsiste que dans les Alpes et les Pyrénées, sous forme de populations isolées. Le changement climatique constitue une menace majeure pour cette espèce. Avec le recul de l’enneigement, son plumage blanc hivernal devient moins efficace pour se camoufler, le rendant plus visible face à ses prédateurs. Les dérangements liés aux activités humaines viennent également s'ajouter à ces pressions.


Lagopède alpin protégé

Le Grand Tétras

Le grand tétras (Tetrao urogallus), quant à lui, est le plus gros galliforme sauvage d’Europe. Il vit dans les forêts de montagne, particulièrement dans les forêts anciennes et tranquilles.

Sa situation est particulièrement préoccupante : il a disparu des Alpes françaises et ses populations ont fortement diminué dans le Jura et les Vosges. Dans les Pyrénées, où subsiste l’essentiel de la population française, ses effectifs ont chuté de près de 80 % depuis 1960, avec environ 1 300 couples en 2025.

Dans le Jura, il ne subsistait qu’environ 280 individus (lors du dernier recensement en 2021).


Grand tétras protégé

Une protection qui fait suite à des consultations publiques

Cette décision n’est pas arrivée du jour au lendemain.

En 2026, le Gouvernement a proposé de modifier le statut de ces deux espèces. Des consultations publiques ont ensuite été organisées pendant l’été : plus de 10 000 contributions ont été déposées pour le lagopède alpin et près de 16 800 pour le grand tétras. Les avis étaient majoritairement favorables aux deux projets.

Le Conseil national de la protection de la nature a également rendu un avis favorable aux deux projets. Le nouveau statut permet désormais une protection plus complète : les oiseaux ne peuvent plus être chassés et leurs nids, œufs et habitats bénéficient également d’une protection réglementaire.

randonnée dans le Vercors
tétras lyre

Et le tétras-lyre ?

La protection du lagopède alpin et du grand tétras constitue une avancée importante, mais le combat pour la protection des galliformes de montagne n’est pas terminé.

Le tétras-lyre (Lyrurus tetrix), autre oiseau emblématique de nos montagnes, reste lui aussi confronté à de nombreuses menaces : chasse, perte et fragmentation de son habitat (par les stations de ski notamment), dérangement (ski hors-piste, ski de randonnée, divagation des chiens pendant la nidification) et changement climatique. Dans les Alpes, ses populations sont en déclin.

Comme pour le lagopède et le grand tétras, sa survie passe par la préservation de milieux favorables, mais aussi par la limitation du dérangement, particulièrement pendant les périodes sensibles. La question de son statut de protection reste donc un sujet important pour l’avenir de la biodiversité alpine.



Randonnée hiver

Alors, que peut-on faire en tant que randonneur et randonneuse ?

Ces oiseaux sont particulièrement sensibles au dérangement, notamment en hiver et pendant leur période de reproduction.

Lorsque nous partons en montagne, nous pouvons donc contribuer à leur tranquillité en restant sur les itinéraires, et en respectant les zones de quiétude signalées par des panneaux ou de la rubalise.

Et surtout, apprendre à connaître ces espèces permet de mieux comprendre pourquoi certains espaces méritent parfois d’être laissés tranquilles.

En montagne, observer la nature, c’est aussi savoir quand ne pas la déranger.